Fusillade à Côte-des-Neiges : une tragédie qui révèle les réflexes d’une société
Mohamed Lamine Benredouane et Michel Mizrahi.
3/7/2026

Fusillade à Côte-des-Neiges : une tragédie qui révèle les réflexes d’une société

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Le 22 juin 2026, peu avant midi, une attaque armée survenue dans le quartier Côte-des-Neiges a coûté la vie à trois personnes : l’agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Mohamed Lamine Benredouane, le civil Michel Moshe Mizrahi – dont les circonstances exactes du décès font toujours l’objet d’une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) – ainsi que le tireur, Seth Scott Hatfield.

Dans les heures qui ont suivi, les images de la fusillade se sont rapidement propagées sur les réseaux sociaux. Elles ont été partagées, commentées et analysées avant même que toutes les informations soient confirmées. Selon des proches, certains des membres de leur famille ont appris la mort de l’un des leurs dans les médias ou par les images relayées en ligne.

Très vite, la tragédie a quitté les lieux de l’attaque pour se rejouer sur les réseaux sociaux, où plusieurs ont tenté de l’interpréter en fonction de l’origine, de la religion, du prénom, de l’uniforme ou de l’appartenance supposée des personnes impliquées.

Sur le terrain, pourtant, les hommages racontent une réalité plus complexe : un policier musulman nommé Mohamed pleuré dans le Grand Montréal, malgré une méfiance profonde envers la police, et un homme juif, Michel Moshe Mizrahi, dont rien ne permet d’établir, à ce jour, qu’il ait été visé en raison de son appartenance religieuse, et que ses proches décrivent comme un homme qui aurait tenté d’aider d’autres personnes à se mettre à l’abri. Dans ces deuils, La Converse interroge les réflexes, les peurs et les préjugés qu’une telle tragédie peut révéler.

Au Petit Maghreb, une minute de silence avant le match

Le soir du 22 juin, quelques heures après l’attaque survenue à Côte-des-Neiges, l’Algérie affrontait la Jordanie à la Coupe du monde de football. Sur Jean-Talon, au cœur du Petit Maghreb, les supporters algériens s’étaient rassemblés comme ils le font souvent les soirs de match. Mais cette fois, l’ambiance était morose.

Avant le début du match, les supporteurs algériens ont observé une minute de silence pour rendre hommage à Mohamed Lamine Benredouane, policier du SPVM d’origine algérienne, tué plus tôt dans la journée. Dans la foule, les drapeaux, les maillots et les chants ont laissé la place, l’espace d’un instant, à un silence pesant.

Ce moment dit déjà quelque chose de la complexité de cette tragédie. Mohamed Lamine Benredouane était policier, mais il était aussi Mohamed. Il portait l’uniforme du SPVM, mais il portait aussi un prénom, une origine et une histoire dans lesquels plusieurs se sont reconnus. Dans un contexte où certains commentaires publiés sur les réseaux sociaux associaient déjà l’attaque à l’islam ou à l’immigration, cette minute de silence est venue rappeler une réalité plus difficile à enfermer dans des catégories : cette fois, le « Mohamed » de l’histoire est celui qui est tombé en protégeant les citoyens.

Le lendemain soir, La Converse se rend de nouveau dans le Petit Maghreb. Plusieurs personnes acceptent de parler, mais de manière anonyme sans montrer leur visage. La crainte est manifeste. Certains disent craindre d’être reconnus, d’autres évoquent la possibilité de représailles, d’amendes ou de tensions avec les policiers du secteur.

Les récentes révélations au sujet de comportements à caractère raciste au poste de quartier 39 (PDQ 39), à Montréal-Nord, reviennent rapidement dans les conversations. « Avec ce qui s’est passé au PDQ 39, on voit comment ils nous traitent, et ça nous fait peur », confie une personne rencontrée sur place. Pour plusieurs, la confiance envers la police demeure fragile, parfois même brisée.

Mais la mort de Mohamed Lamine Benredouane vient complexifier ce rapport. Ceux qui parlent de méfiance envers l’institution policière parlent aussi de peine, de respect et de solidarité envers l’homme tombé. Dans les propos recueillis sur Jean-Talon, une idée revient : au-delà de l’uniforme, c’est aussi « un des nôtres » qui est mort. Un frère, un fils, un homme issu d’une communauté qui, malgré ses blessures et ses peurs, a tenu à lui rendre hommage.

Mohamed Lamine Benredouane. Photo tiré du compte instagram de @kikka3819.

Sur la route du dernier hommage

Laval, le mercredi 24 juin 2026 à 20 h. Le jour de la Fête nationale du Québec, l’ambiance est habituellement aux célébrations. Cette année, pour de nombreux citoyens, collègues, familles, la Saint-Jean a un tout autre visage.

Bien avant d’arriver au Cimetière islamique Hamza, on note les premiers hommages à Mohamed Lamine Benredouane. Le long de l’autoroute 15 en direction de Laval, sous un ciel nuageux, des policiers du Service de police de Laval et des pompiers sont postés sur plusieurs viaducs surplombant la route. Des drapeaux du Québec et du SPVM ont été accrochés aux garde-corps. Au passage du convoi funéraire de leur collègue, tous lui rendent un dernier hommage, la main contre le front.

À mesure que l’on approche du cimetière, la circulation devient plus dense. Les stationnements sont rapidement saturés. Des policiers dirigent les automobilistes vers des espaces improvisés, notamment le long de la piste cyclable du boulevard Lévesque Est. De là, il faut encore marcher une quinzaine de minutes avant d’atteindre le cimetière.

Sur le trajet, une foule de citoyens avance dans la même direction. Des hommes, des femmes, des enfants, des aînés ; des personnes de différentes origines, appartenances religieuses et communautés convergent vers le même lieu. Dans la foule, un jeune homme progresse péniblement à l’aide de béquilles. Tous semblent animés par la même volonté : rendre un dernier hommage à Mohamed Lamine Benredouane.

Le trajet traverse un quartier résidentiel. Devant plusieurs maisons, des familles sont sorties sur leur perron pour observer le défilé silencieux des centaines de personnes qui se dirigent vers le cimetière. Plus on approche des lieux, plus le silence s'impose.

À l’intérieur du cimetière, les rangées de personnes venues rendre un dernier hommage à Mohamed Lamine s’étendent sur une longue distance, bien au-delà de l’endroit où il repose. Les visages autour de la tombe sont marqués par l’émotion, des regards souvent baissés.

Âgé de 34 ans et originaire de Skikda, en Algérie, Mohamed Lamine Benredouane laisse derrière lui son épouse, enceinte de leur deuxième enfant, ainsi qu’un enfant de trois ans.

Les collègues du policier, presque tous vêtus de noir, tiennent son portrait dans leurs mains, ainsi que des fleurs blanches. Seuls quelques policiers portent encore leur uniforme. Les accolades se succèdent. Certains échangent quelques mots à voix basse, d’autres essuient leurs larmes pendant que les proches accueillent les nombreuses personnes venues leur offrir leurs condoléances.

Lorsque l’imam prend la parole, le silence s’installe. Les regards restent tournés vers lui. À chaque invocation (du’a), des centaines de voix s’élèvent à l’unisson : « Amîn ». Un moment de recueillement accompagne les prières pour Mohamed Lamine Benredouane.

Dans son allocution, l’imam rappelle que dans l’islam, il est important de se souvenir des bonnes actions d’une personne et de les transmettre après son décès, puisqu’elles continuent à lui être bénéfiques. Il décrit le défunt comme un homme dévoué.

« Mohamed Lamine était un homme serviable, toujours prêt à aider les autres. Chaque matin, il quittait sa maison pour accomplir son devoir et protéger les citoyens, laissant derrière lui sa femme et son enfant, sans jamais savoir s’il rentrerait chez lui sain et sauf. »

L’imam le qualifie ensuite de shahīd (شهيد), un terme qui désigne, dans la tradition islamique, une personne considérée comme morte en martyr. Selon lui, Mohamed Lamine a obtenu ce statut parce qu’il a perdu la vie en protégeant les citoyens dans l’exercice de ses fonctions. Il souligne que, dans la tradition musulmane, mourir en shahīd est considéré comme l’une des morts les plus honorables.

« Momo était la définition même d’un leader positif »

Pour plusieurs de ses collègues, Mohamed Lamine Benredouane laisse le souvenir d’un policier profondément engagé, mais surtout d’un homme apprécié de tous.

« Momo était la définition même d’un leader positif », raconte l’un d’eux avant de marquer une pause, comme si les mots lui manquaient. « Tu ne pouvais pas passer deux secondes avec lui sans rire. Il était rassembleur et donnait l’exemple. »

Selon ce policier, qui préfère garder l’anonymat, Mohamed accordait une grande importance aux détails. Avant chaque quart de travail, il arrivait en avance pour préparer minutieusement son équipement, une habitude qu’il conservait depuis sa formation à l’École nationale de police du Québec, quelques années plus tôt. Il cirait ses bottes, nettoyait son matériel et veillait à ce que son uniforme soit impeccable. « Il voulait que l’image de la police paraisse bien », explique-t-il.

Ayant grandi à Côte-des-Neiges jusqu’à l’adolescence, Mohamed avait choisi d’y revenir travailler comme policier. Selon ses collègues, il entretenait d’excellentes relations avec les citoyens et était apprécié autant par la communauté que par ses confrères. « Il adorait ce qu’il faisait. Sa mission, c’était toujours d’aider les autres, peu importe le moment », résume l’un d’eux.

Au poste de quartier 26, où travaillent environ 170 policiers, son nom était connu de tous, raconte son collègue. « Tout le monde le connaissait, tout le monde lui parlait. »

Plusieurs policiers rencontrés affirment que sa mort a profondément ébranlé non seulement les membres du PDQ 26, mais aussi l’ensemble du SPVM. L’un d’eux confie que, depuis les événements de lundi, les occasions de sourire se font rares. Selon lui, ce n’est qu’après la cérémonie, en voyant les collègues, les proches et les membres de la famille réunis autour de Mohamed, que certains ont retrouvé, l’espace d’un instant, un peu de réconfort.

Déconstruire les préjugés

Les pas se succèdent lentement vers les stationnements, tandis que la famille continue à recevoir les condoléances. À la sortie du cimetière, les discussions reprennent peu à peu. Plusieurs évoquent le souvenir de Mohamed, d’autres disent espérer que sa mort permette de remettre en question certains préjugés encore bien présents.

Un agent de police, qui préfère conserver l’anonymat, prend quelques instants pour partager sa réflexion.

« Quand les gens entendent le prénom “Mohamed”, certains ont des idées préconçues. Cette fois, le Mohamed en question, ce n’était pas le terroriste. C’était le policier qui a perdu la vie en protégeant les citoyens. J’espère que ça en fera réfléchir certains. »

Quelques jours plus tard, Amine Tessa, créateur de contenu engagé sur les réseaux sociaux, va dans le même sens. Selon lui, les premières heures ayant suivi la fusillade ont été marquées par des rumeurs qui ont rapidement alimenté certains stéréotypes.

« Dès qu’il est question d’une attaque comme celle-là, certains associent immédiatement le crime à un immigrant. On voit apparaître des commentaires comme : « C’est encore un musulman » ou « Importe le tiers-monde, deviens le tiers-monde », nous confie-t-il.

Pour Amine, le fait que ce soit finalement un policier nommé Mohamed qui ait perdu la vie en protégeant les citoyens devrait nous amener à remettre en question ces réflexes.

Lorsque l’identité des victimes et du tireur est finalement confirmée, le portrait est tout autre : Mohamed Lamine Benredouane, l’agent mort durant l’intervention de la police, est un Québécois d’origine algérienne ; Michel Mizrahi, le civil décédé, est un Québécois, né au Liban, et un membre bien connu de la communauté juive de Côte Saint-Luc ; et le tireur est un Canadien de l’Alberta.

Cette tendance à interpréter rapidement la tragédie en fonction des appartenances se retrouve aussi dans la réflexion de Mohamed Lotfi, journaliste et artiste, publiée le lendemain de la fusillade. Dans son texte, il précise ne pas chercher à analyser les motivations du tireur, « mais plutôt à interroger notre manière collective de réagir à la mort et à la souffrance par instinct de peur » .

Pour lui, « cette séquence médiatique a révélé un phénomène devenu familier » : « À peine les victimes identifiées, la parole a commencé à s’organiser autour des appartenances. » Selon M. Lotfi, les premières réactions, notamment sur les réseaux sociaux, ont montré à quelle vitesse, dans un moment de crise, les personnes peuvent être transformées en symboles, parfois avant même que les faits soient entièrement établis.

« Lorsqu’une société se laisse gouverner par la peur, elle simplifie tout. Elle transforme les êtres humains en symboles. Elle remplace les visages par des appartenances », écrit-il.

Cette logique, que Mohamed Lotfi décrit comme « l’une des maladies les plus profondes de notre époque », pousse à commenter, à interpréter et à choisir un camp avant même de prendre le temps de voir les personnes derrière les identités qu’on leur attribue.

Amine Tessa insiste sur la nécessité de faire preuve de prudence. Il comprend que l’on rappelle aujourd’hui les origines de Mohamed pour déconstruire certains préjugés. Il met toutefois en garde contre le risque de réduire une personne à son origine. « Je ne veux pas qu’on tombe dans ce jeu-là. Au final, un Québécois, c’est un Québécois. Un prénom, une origine ou une religion ne disent rien du courage et des valeurs d’une personne », conclut-il.

Les proches de Mohamed, eux, préfèrent parler de la personne qu’ils ont connue. Tous dressent un portrait d’un homme profondément attaché à sa famille, toujours souriant, positif et généreux. La voix brisée, encore bouleversé par les événements, l’un d’eux confie : « Mohamed ne méritait pas de mourir, encore moins de se faire tuer par cet individu. »

Sur le terrain, dans Côte-des-Neiges, plusieurs jeunes se disent « profondément touchés » par la mort de l’agent Benredouane. Ils expliquent l’avoir côtoyé à plusieurs reprises dans le cadre de ses fonctions de policier. « C’est vrai qu’en tant que jeunes, on a des a priori envers les policiers, mais lui nous a toujours traités avec respect », raconte l’un d’eux. Tous les jeunes rencontrés le décrivent comme « une très bonne personne ».

Les hommages au défunt ne s’arrêtent toutefois pas à cette cérémonie. Le SPVM a annoncé qu’il aura droit à des funérailles civiques ouvertes au public le 7 juillet prochain au Centre Bell.

Le même jour, à quelques kilomètres du cimetière islamique Hamza, une autre famille et une autre communauté se réunissent pour vivre leur deuil et dire adieu à Michel Mizrahi, le civil tué par une policière au cours de la même tragédie.

Michel Mizrahi. Photo tiré de son compte personnel.

« Toute la communauté est sous le choc »

Dans les premières heures qui suivent la fusillade, alors que peu d’informations sont encore confirmées, des rumeurs évoquent une possible attaque antisémite. Là encore, la tragédie est rapidement lue en fonction d’une appartenance. Les témoignages recueillis par la suite viendront cependant complexifier cette première version du récit : Michel Mizrahi n’a pas été visé en raison de son identité juive, selon les informations disponibles à ce jour. Plusieurs membres de la communauté affirment plutôt qu’il aurait tenté, lors des premiers échanges de tirs, d’aider des personnes à se mettre à l’abri.

Le lendemain de la fusillade, le conseiller municipal de Côte Saint-Luc, Mike Cohen, publie sur Instagram une vidéo dans laquelle il se rend devant la synagogue Beth Chabad, où la communauté commence déjà à se réunir pour rendre hommage à Michel Mizrahi.

« Toute la communauté est sous le choc », affirme-t-il.

Âgé de 68 ans, Michel Mizrahi résidait à Côte Saint-Luc et fréquentait cette synagogue depuis de nombreuses années. Selon Mike Cohen, il travaillait dans le domaine du vêtement sur mesure et se trouvait dans le secteur de Côte-des-Neiges pour des raisons professionnelles au moment de l’attaque. Il devait ensuite retrouver son fils pour prendre un café au Heal, un rendez-vous qui n’aura finalement jamais lieu…

Mike Cohen ajoute que, selon des membres de la synagogue, Michel avait des problèmes de santé, mais il les affrontait avec beaucoup de courage et de stoïcisme.

Le rabbin, qui côtoyait Michel Mizrahi depuis de nombreuses années à Beth Chabad, garde le souvenir d’« un homme d’une grande gentillesse », toujours souriant et toujours prêt à venir en aide aux autres. Il rappelle que Michel venait régulièrement à la synagogue avec son fils et occupait un siège à son nom, identifié « Mizrahi Michel – C8 ».

Selon le rabbin, plusieurs témoignages recueillis après la tragédie indiquent que Michel Mizrahi aurait aidé une mère et son enfant à se mettre à l’abri avant de perdre la vie. « Il s’est sacrifié pour les autres », résume-t-il.

« Un homme au grand cœur »

Le mercredi 24 juin, à 9 h 45, sous un ciel dégagé, famille, amis et membres de la communauté juive se réunissent au salon funéraire Paperman & Fils, pour faire leurs adieux à Michel Mizrahi.

À l’intérieur, la foule est si dense que plusieurs personnes demeurent debout jusque dans l’entrée de l’établissement. Lorsque le cercueil est porté à l’extérieur, les accolades se multiplient. Des proches se serrent longuement dans leurs bras. Plusieurs personnes présentes portent des lunettes de soleil derrière lesquelles, parfois, on devine des larmes.

Dans le stationnement du salon funéraire, des membres de la communauté témoignent que Michel Mizrahi, dans les instants qui ont suivi le début de la fusillade, a eu le réflexe de pousser des personnes à l’intérieur d’un commerce voisin pour les mettre à l’abri, leur sauvant ainsi la vie.

Parmi les personnes venues lui rendre un dernier hommage se trouve Alain Pereque, ami de Michel depuis leur enfance à Beyrouth, au Liban. Il le décrit comme « un homme au grand cœur, toujours positif, toujours souriant ».

« C’est ça, Michel », dit-il simplement, la voix chargée d’émotion.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient : « Il était un homme extraordinaire », « Quel homme incroyable, parti trop tôt », « Une belle âme a quitté ce monde trop tôt. Tu nous manques, Michel ». Des centaines de messages qui disent tous la même chose : Michel Mizrahi comptait et laisse un immense vide au sein de sa communauté.

Dans le cas de Michel Mizrahi, comme de Mohamed Lamine Benredouane, les premiers récits ont rapidement mis de l’avant l’appartenance. Pourtant, ces deux hommes, que tout semblait séparer, ont été réunis par une même tragédie, causée par la violence d’un homme blanc.

Le 24 juin 2026, leurs proches leur ont rendu hommage, non pas comme à des symboles, mais comme à des êtres aimés. Deux vies brutalement fauchées, deux communautés en deuil, et une même leçon laissée à tous en silence.

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